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  • RowenaM

Au lendemain des cons

Dernière mise à jour : 3 sept. 2021

Le monde repart dans tout son vrac, son plein de bric, son trop de broc. Un carnaval désassortit où s’agglutinent les cœurs à prendre, les couilles à pendre, où les volages séducteurs s'affrontent en mots pour nous conduire au nirvana de la culbute. Quand des millions de troglodytes s'échappent enfin de leurs cavernes, avertissant les libertines en klaxonnant qu'on déconfine, venant brailler sous nos fenêtres qu'un jour nouveau bécote nos accointances à baisouiller.

La jupe un peu levée, bien que le temps soit à la pluie en cet été de pacotille, on s'encanaille et on se grise. Le carnaval des abrutis vient dévorer la peau hâlée des juillettistes dans un grand sud au cul accort. Les clubs ouverts se passent le mot que les nocturnes sont de saison et qu'on niquera à l'unisson. Tatouages et silicone, bronzage et tiges qui trônent, affluent sur les écrans d'un monde entre deux eaux, se chargeant de soleil avant que la nuit vienne.

Il est des gens fragiles qui meurent de l'Occident et puis ces grands rêveurs que sont les franciliens, pensant à coups de bites que le cap est un mythe, qu'il faut se ruer en grappe sur les plages incommodes où la nudité blâme les êtres trop timides.

Le champagne et l'argent rigolent aux yeux des pauvres, quand le sexe béant, on s'offre une fiesta sur une mer turquoise, dans quelques yachts acquis par des amis mondains. Les poules gigotent encore au son des coqs à fric, se vidant dans l'urgence d'une partouze avinée.

Et puis il y a ces autres, ceux qui traînent la patte à force de douter qu'il existe un sommet où l'on pourrait s'aimer, cherchant dans leurs entrailles une once de sentiment pour ces quelques bipèdes aux courbes arrogantes.

Une infinie tendresse au lieu dit du cortex s’épanouit vainement pour toutes ces ouailles infirmes ne trouvant que leur main pour satisfaire l'Alfred.

Les corps ingrats soumis à quelques répulsions des plus beaux des athlètes, feront plier l'échine à de maudites dames de n'être pas une bombe, des bouées ornant leurs hanches par trop de ces lipides qui nous font vivre mieux les solitudes hostiles.

Et ce couple discret qui ne sait pas trop pourquoi il se retrouve là, dans ce glamour trop cheap ruiné par le Ruinart et les fluorescences et qui, les jours passants, se terrent et puis s'épuisent à force d'innocence.

Encore que dans cet antre où l'on fornique en nombre, il se trouve des fidèles endeuillés par l'ennui que provoque le sexe quand il n'est pas magie. Du plein de maladresses qui fait les corps si beaux à vouloir s'entendre pour ne faire plus qu'un, qu'en tant de nos ébats ne visent que l’entre-soi.

Mais je pérore encore à vous disqualifier selon vos volontés alors qu'il m'est bien rude de savoir où j'habite dans cette tranchée humide où naviguent mes mœurs. Alors sans crier gare, je m'efface et m'enduis de cette vaseline onctueuse qu'est le monde virtuel où tout passe et s'agite sans qu'on tripote une trique.


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